Je l'ai déjà évoqué dans ce blog, mais je suis dans une situation paradoxale.

Je me suis rarement jamais senti aussi bien, lors de ces trois dernières années de maladie, alors que mes derniers examens et les paroles de l' hémato, ne vont pas dans le sens de mon "furtif" sentiment actuel.

Alors, hier vers minuit, je me suis renseigné complétement sur ma maladie, sur le site officiel du myèlôme....

Oups!

Tout ce que je m'étais refusé de voir, je l'ai rencontré hier. Avant je posais des questions à mon hémato de façon ponctuelle, et pas très ouvrante, pour ne pas trop savoir ce qui m'attendait.

Mais hier, je devais me sentir prêt a recevoir et accepter de voir mon "futur" droit dans les yeux. Je ne me suis pas senti mal, pas désabusé, juste fataliste.

Autant vous dire, que, sauf révolution scientifique, ça sent pas bon l'écurie, mais plutôt, la direction rapide vers le bac a sciure....

Non, ne téléphonez pas, je ne suis pas en haut de la falaise, je sais parfaitement que je n'ai pas le courage de faire de geste fatal, enfin pas de sui te. Par contre le jour où, un de mes proches sera obligé, de m'assister de façon quotidienne, je pense que je ferai tout pour trouver le coktail adapté pour passer une bonne fin de soirée.

Faites moi confiance, je ferai pas chier, j'ai déjà suffisamment l'aptitude a le faire, sans être malade.

En fait, la prochaine question, que je poserai à ma bribri d'hémato sera:

"Bon, dis donc, bribri, on cause, on cause, mais au pire, mes valoches, je les prépare pour quand ?".

J'attends pas d'elle, et elle le sait, une réponse mièvre du genre:

"faut pas parler comme ça mon Pascalou" (oui , elle me parle comme ça quand elle est fâchée":)

Pourquoi, je parle comme ça ce matin, aprés une nuit qui s'était déguisée en jour ?

Parce que il va falloir que je répondes à la question la plus con, régulièrement posée par mon entourage le plus proche.

Tu devrais en profiter pour t'occuper de toi?

Mais putain! Profitez de quoi et avec qui?

J'ai 50 ans, j'ai pas le droit de bosser, plus de vie familiale, pas d'avenir a proposer à "une quelqu'une", sauf éventuellement de lui proposer de m'aimer, et de se prendre un retour de bâton, lorsque je serais en partance pour la case fin. Et même si  j'en ai envie, je ne demande  pas ça.

Aujourd'hui, on me parle de rente, de cotorep, de ram et autres assistances qui n'ont jamais fait partie de mon vocabulaire.   

Pourtant l'envie est tentante, de se faire accompagner en douceur, comme pour finir heureux. Il me serait facile de trouver "une infirmière dévouée". Au même titre que je pourrais, ne plus rien faire et ...comment ils disent ? Profiter , c'est ça ?

C'est quoi profiter quand on est seul ? Vous savez vous?

Me faire le maillot, aller dans un club de gym, faire du sport, m'occuper de mon intérieur, lire toute la lecture que j'ai en retard depuis 30 ans?

Tirer un coup de temps en temps avec une ex indépendante chienne de garde, ayant découvert sa libido sur le tard, qui devient en 5 minutes la plus pitoyable des amoureuses, parce qu'elle a trouvé quelqu'un a soigner ?

Une de mes très proches amies touchée de nouveau par son putain de cancer du sein en plein revival, me disait: "tu vois Pascal, moi j'ai fait un choix, je profite des bras d'un bon ami et je me dis c 'est déjà ça"....

Trés peu pour moi!

C'est son choix et je le respecte. Moi, je veux un truc simple, juste savoir que je partirai pas sans amour, mais pas un amour ponctuel, virtuel, furtif, sur commande, ni non plus un amour quotidien à domicile.

Non, juste avoir l' impression qu'il y a quelqu'un pas loin qui pense à moi, qui me laisserait croire que je fais partie de sa famille. Je n'attendrai pas d'elle, qu'elle fasse mes courses, ou autres tâches usuelles censées ne pas être faites par un mec.

Suis prêt éventuellement a accepter quelqu'un qui aurait le talent a faire semblant. Par contre, je suis pas naif, faudra du talent pour m'y faire croire.(formation d'actrice recommandée)

Allo?

T'es là Amore?