Enfin,je vous retrouve!

Beaucoup d' appels m' ont confortés sur votre présence et à quel point vous me suiviez avec intêret et comment mon silence pour vous, pouvait être interprété comme un soucis.

Il n' en est rien, je pense que cette "absence,"risque de devenir un classique suite a la chimio. Le retour a la maison a été difficile pour plusieurs raisons:

Un: je ne supportais plus l hopital et surtout les" non nuit"

Deux: passer d'une chambre de x mètres carré à tant de lumière fut un choc,

Trois: les impacts de la chimio commencaient,

Et quatre: la fin des presque deux mois de morphine pour les côtes et le sternum ainsi que tous les médicaments ingérés pour contrer la morphine arrivaient à terme et toutes les conséquences induites.

Sans trop de détails "scabreux "ou un peu limite, voici le principal effet induit de la morphine:

1: vous ne sentez plus rien, c' est a dire que vous perdez ou oubliez (j' étais en dose de 120mg, voire plus, en cas de douleurs)tout sens de la douleur: donc plus de rhume ,bobo, douleur(dents ,tetes...)

Prenons l exemple de ce que l' on appelle la constipation. En temps normal, vous avez mal au ventre au bout de quatre cinq jours ,eh bien avec la morphine: "meme pas mal"! C 'est toi qui doit t' imposer d' aller dans l' endroit d' aisance.Tu dois donc penser "a faire".....La plaisanterie est valable aussi pour uriner etc etc ..Donc pleins de petits bonheurs habituellement simples, qui prennent là, des dimensions insoupsonnées.

Comme j' ai céssé de prendre la morphine depuis quatre jours ,le temps que tout celà se lave,je commence a peine a avoir une comportement physico chimique ,normal. N' oubliez pas que je n 'ai pas fait les choses à moitié, et que estimant qu' un simple cancer ne suffirait pas à ma douleur, il fallait aussi deux côtes cassées et un sternum felé....

Pendant trois jours ven sam et dim j' etais trés vasouillard, par contre toujours trés entouré par une famille et des amis formidables, qui chacun a leur niveau signaient leur presence d'un geste ,d' une attitude.

Ce matin ,j' ai chialé ca m' a fait du bien ,rassurez vous ce n' était pas des pleurs de déprime mais plutot de joie car j 'étais entrain d' imaginer la méga fête de fin (à laquelle vous serez evidemment conviés),et je craquais devant vous en vous remerciant de votre accompagnement.

Je vais nettement mieux ce matin meme et même si je suis fatigué, je me suis forcé a aller aller marcher, sachant qu'il faut que je m'astreigne a cet exercice pour être prêt a mon rv avec moi même dans quelque mois.

Ce qui est tres difficile aussi quand on est malade, c' est que tout est associé à la maladie: le lieu, les gens ,les odeurs, les activités.

Par exemple même si l' ordi est un rv avec vous sympa, il est forcement revelateur d' une activité que je n' avais pas avant la maladie. Il est aussi, quand j' ai les effets de la chimio ,synonyme de nausée.

Ma chambre, c' est aussi l' endroit où j' ai passé des nuits sordides de douleurs ,de solitude,etc etc.

Il y a déjà une certitude ancrée en moi,qui passera pour un lieu  commun pour certain: notre vie demain ne sera plus la meme.

Si demain (le 15 JUIN 2007 PAR EXEMPLE) j' apprends que ma maladie est terminée;maximum un mois plus tard ,je ne ferai plus la meme chose ,de la même façon ,au même endroit.

Je ne supporte plus déjà cette peau de malade, j' ai besoin de transparence ,de pureté, de propre ,je rêve d'un corps sain (et l'esprit aussi). Puisse cette période arriver...