09 octobre 2008
La crise ? Quelle crise ?
Hier soir, enfin cette nuit, entre endormissements et réveils, je me suis surpris en toute sérénité a réfléchir sur le sens de la vie.
Houla, me direz vous, aurait il un moment d'égarement le garçon, des vapeurs de morphine viendraient elles titiller ou jouxter, ce que certains croient être parfois une belle mécanique intellectuelle?
C'est vrai en plus...c'est la crise!
Et moi, j'ai l'impression de passer tout cela avec une aisance déconcertante, alors que si l'on s'amusait à un petit inventaire à la Prévert , il y aurait matière a basculer dans la plus grande des miséritudes morale, si chère à ma copine Ségo.
Essayons, histoire de rire, de reprendre le fil, pardon, la corde de ma vie depuis quelques mois:
Juin 2006:alerte douleurs aux côtes
septembre 2006: découverte d'un cancer de la moelle osseuse
octobre 2006:début des chimios
Novembre 2006:le banquier apprenant cette maladie fuit, nous plante ,nous "use et harcèle ", mon épouse fait face.
Décembre 2006: le banquier veut nous fermer nos deux affaires...
février 2007:fermeture d'une socièté, ma femme lutte , déja 4 chimios et bientôt greffe.
Aout 2007:deuxième greffe , huitième chimio, une banque grâce à l'intervention d'un ministre nous aide...
Sept 2007: mon état s'améliore , Caroline a beaucoup" morflé",la boutique a fini son année avec le meilleur résultat jamais fait (bravo greg, caro)
Les enfants sont préservés même si la mère du premier est toujours au top...
Décembre2007: les choses sont remises en perspective, mais le temps et les évènements ont déja érodés la structure...
2008: Je me refais et fais tout pour faire reposer mon entourage , et rembourser ceux qui nous ont tenus.
juin 2008: Caroline souhaite s'écarter et partir avec les enfants pour oublier tout ça.
Juillet 2008: ma maladie redémarre, la mére de mon premier Pierre m'empêche de voir mon fils
Septembre 2008: Je suis seul à Reims avec maladie revenue....
Oui je sais suis pas seul....Mais c juste pour rajouter du misérabilisme au résumé.
Vous voyez, pas mal, non ? Et encore je vous parle pas de la crise.....
Alors qu'est ce qui fait que je suis encore debout , me suis je demandé cette nuit?
Bahhhh???? Je sais pas!
peut être parce que couché, ça va moins vite????
Peut être que lorsque la douleur est au pire, tu ne peux avoir plus mal ?
Peut être suis je en lévitation, sous l'influence de vapeurs de joints virtuels?
Peut être est ce la fin et que bientôt je vais voir apparaitre un chemin de lumière tout bleu, avec une silhouette m'attirant et me disant:
"Pascal, viens, fais moi confiance, je suis ta mort douce,
ta vie qui part en douce, et si tu t'approches...
... je te pousse..."

Euh? non ! Pas ça, je ne me sens pas prêt et j'ai pas assez protégé les miens pour partir lâchement.
Et si c'était ça la sérénité?
Et si ce que je recherchais depuis si longtemps arrivait au moment le moins attendu.
Moins attendu par moi, mais tellement logique et légitime aux yeux des autres, aprés un parcours de vie déja si riche.
Ok mais comment puis je être serein, alors que rien n'est réuni pour l'être ?
Et si ton échelle de sérénité de départ n'était pas la bonne, et si ce que tu croyais être les critères minimum à ton équilibre, n'étaient pas les bons?
Hin, hin...Et si le bien être, l'équilibre, la vie étaient plus simples, plus proches , plus accéssibles ?
Et si on lui donnait un nom , une forme , une silhouette à cette sérénité ?
