Toujours dans la dernière ligne droite des corrections pour le livre, lisez ce que j'écrivais en février 2007...

Edifiant de lucidité, lol!

Ç s'appelait rêve de cancéreux, depuis j'ai pris l'option cauchemards.....

Rêve de cancéreux:

Septembre, octobre, novembre, décembre, janvier, février.

Six mois, vingt quatre semaines, cent soixante huit jours, je ne vous ferai pas le coup des minutes, même si souvent j'ai eu l'occasion de les compter pendant certains moments de grande solitude morale.

Combien me reste il? Est ce vraiment intelligent ou moralement utile de faire ce point, alors que "la plaisanterie "n'est pas terminée? Et si ce délai que j'espère, mais dont je me protège (en imaginant qu'il soit reculé pour éviter le choc d'un espoir déçu), n'était pas le bon?

Soyons fous imaginons que j'ai du bol :

Le douze mars hosto pour chimio number six, le douze avril chambre stérile, le douze mai dehors.

Alors? Ca voudrait dire que dans deux mois, huit semaines, soixante douze jours ce serait fini N I, N I

C'est drôle, mais tout cela me parait tellement irréel, comme si une forme, non pas de pessimisme, mais de fatalité s'était installée, pour empêcher toute forme d'euphorie intempestive qui pourrait m'envahir .

Comme dans une froide logique, l'issue arrivera à son rythme, dans son propre tempo. La maladie avait décidé de venir sans prévenir, la guérison fera elle aussi le choix de l'indépendance: rester encore ou partir de mon corps .

Toi t'es le patient,alors assume ton titre!

Et si donc c'était le douze mai la quille ?!Ce sera quoi ma réaction?

Je suis sûr que je craquerai grave, genre craquage lacrymal non controlé, signe d'un trop plein de retenues, de "faux semblant je vais bien", et signant pour moi une libération, ainsi que pour ceux qui m'ont supportés.

Ce serait aussi le signe d'un retour vers le futur, d'une autre vie, mais surtout pour moi cette obsession de reprendre en main un corps laissé en jachère pendant de trop longs mois. Non pas par narcissisme primaire, mais parce que un corps sain expurgé de toutes ces putains de scories médicamenteuses, c'est quand même la base même de la reconstruction morale.

Sinon, c'est comme vouloir faire le toit d'une maison sans avoir commencé par les fondations et les murs.

Je sais qu'il me faudra être patient ,on dit pour un sportif(de mon âge) : un an d'arrêt  égale un an de reconstruction, là il y a neuf mois.....J'espére réduire ce délai, car je vais m'accorder deux mois à temps plein de reconstruction physique qui auront l'avantage de vite me remettre au même niveau moral. Je me connais par coeur quand le physique est là, le reste est au top.

A part ça je vais plutot bien et les cinq jours trés éprouvants que j'ai passé sont oubliés.

Merci a mes lecteurs , les Eric, Max, Dom, Bea, Cath etc etc toujours présents .