Cinq heures du matin, derrière mes fenêtres il fait déja beau aux Sables. Un temps a faire du vélo, un temps a dérouler de la route dans la campagne vendéenne, entre mer et marais. Je pourrai partir vers 8H30 entre reste de fraîcheur du petit matin et début d'une journée qui s'annonce belle et chaude. J'aurai enfilé alors mon "habit de lumière" , vous savez le truc "moule burnes" mettant en valeur avec talent ceux qui ont la chance d'en être pourvu...J'aurai mis la casquette en arrière, juste pour dégager le visage et parfaire mon teint hâlé, laissant croire que derrière ce bronzage ce cachait un corps sain... 

Mais de vélo il n'y aura pas !

Depuis 15 jours maintenant, la maladie a ré attaqué, se manifestant pas des douleurs osseuses dorsales, synonyme d'un pic en hausse, d'un myélome qui un peu comme un alien, s'est adapté à tous les traitements que j'ai subit.

Impossible donc de porter, de marcher (lgtps), de faire du vélo, tellement ces deux micro fractures osseuses me font souffrir, surtout lorsque je suis allongé.

Hier à l'hôpital, cette confirmation du "redémarrage" de la bête même si elle ne fût pas un scoop, résonna comme le glas sur mon moral porteur d'espoirs, dans une période qu'on espérait tous de reconstruction.

Mais peut être une explication de la situation vous permettra de comprendre ce passage de la lumière à l'ombre.

Le greffon de ma soeur s'était rapidement installé ralenti dans sa mise en place par l'anti rejet, le pic baissait gentiment , mais pas de façon spectaculaire. Il y a quelques semaines le pic s'était stabilisé , annonciateur d'une remontée prochaine, ce qui est le cas ce jour.

Constat la maladie est forte, et il faut maintenant rapidement endiguer le retour de la bête par micro cure de 4 jours de cortisone (vous savez le fameux déxamethasone, une espèce de bombe qui permettrait à un cycliste de monter le ventoux en trente secondes), suivi d'une chimio (protocole que j'ai déjà eu), le tout pour faire redescendre le pic et réinjecter des globules blancs de ma soeurette.

Hier, en sortant de l' hôpital, dans le taxi qui me ramenait vers Les Sables, caché derrière mes lunettes de soleil, j'ai pleuré. Pleuré de rage, de ce retour à la case départ, de ce retour vers un futur à la date de péremption de plus en plus approximative, tellement j'avais pu lire dans le regard de l'hématologue face à moi, l'impuissance de la science contre cette merde.

Encore une fois, il va falloir espérer, enfin pas penser, avancer, en évitant de montrer au maximum à mes proches le désarroi qui est le mien. La plus grande injustice de cette saloperie au delà de me faire souffrir, c'est de peser sournoisement sur les épaules de mes proches, en les amenant a épier tous les signes de mon mal être que je tente en vain de masquer, et à leur façon de prendre aussi leur dose de chimio rétro active.

C'est donc un cancer participatif comme dirait l'autre rosissante, un cancer kiss cool et son double effet, un cancer double lame usant les autres avant que ma douleur se rétracte, bref une merdeeeeeeeeeeeeeee.

Voilà mes amis (es), nous sommes 20 heures après l'annonce du come back, j'ai déjà appuyé sur le fond que j'avais retouché hier aprés midi, me permettant de me re propulser vers la surface, laissant sur le fond le crabe que j'avais croisé encore vivant......