Chére mère Noël, mon courrier ne commencera pas comme celui fait à votre mari quelques jours plus tôt.

Je crois en vous!

Attendez ne vous enflammez pas, ceux qui connaissent notre "relation" savent que je vous trouve plutôt pas trop mal, mais ça ne suffit pas a me laisser aller à une idolâtrie crétine, qui consisterait a vous imaginer déguisée en rouge sans rien en dessous réinstituant ainsi le mythe de la blouse blanche (c'est presque une contre pétrie).

Je crois en vous pour la simple raison que vous m'êtes apparue sous une forme humaine, et que réguliérement vous me faites cadeau de différentes potions qui sont censées me faire du bien. Le courrier de  ce jour a uniquement pour but de prouver une nouvelle fois à mon entourage, que vous n'en savez pas beaucoup plus que moi quant à l'évolution future de ma maladie.

Personnellement, je ne vous en veux pas de votre comportement froid et analytique, à vous, les grands praticiens. Il y a longtemps que j'ai mesuré que votre "froideur protocolaire" cachait simplement une procédure de recherche ,qui même si elle ne me transforme pas en cobaye, vous permet de découvrir un peu plus chaque jour cette maladie. Chaque cas est différent dites vous, on ne peut hélas que vous croire! Je ne referai plus, comme ce matin, l'erreur de parcourir le net à la recherche des expériences des uns et des autres, face à leur traitement et leur myélome. Ouvrir le net c'est ouvrir un Larousse médical, en trente secondes: T'ES MORT!

Non! Ce que je vous reproche c'est de ne pas savoir informer mon entourage, tout du moins le rassurer. Certes vous ne pouvez pas être partout, mais il serait temps que vous rajoutiez à votre panoplie de grand détenteur du savoir, une dimension humaine vous permettant de communiquer avec vos semblables. Je ne vous demande pas de vous apitoyer, et je peux comprendre que votre vécu journalier vous forge "un peu la carapace".

Non! Rendez vous, par votre dialogue, accessibles à nos proches. On sait que vous ne pouvez pas dire: "votre femme ou votre mari sera guérit demain"...Non, dites leur simplement avec des mots adaptés, le tout enrobé dans une fausse empathie dont nous ne serons pas dupes, que la science avance en oubliant de leur préciser que notre vie recule. On vous demande pas grand chose, nous les malades, de toutes façons on est entre vos mains alors on ne peut ,que faire confiance en notre foi dans la vie et votre savoir.

Réfléchissez un peu à une dimension plus " psychologiquement acceptable" qui nous permettra de croire que ce Noël ne sera pas le dernier, même si je pense que cette lettre ne peut être la dernière, vu que l'année prochaine j'ai décidé de plus croire au myélome..........