Je vous ai déjà évoqué que dans les contraintes de ma maladie, un de mes plus grands manques est lié a la difficulté a apprécier plats, mets et vins.

A la fois la chimio altére la possibilité et l'aptitude a gouter, à la fois le corps se "déshabitue" aux excés de la chair.

J'ai donc profité hier soir d'une "éclaircie" de mon corps, pour me lacher un peu et sortir l'artillerie.....

Bien évidemment j'étais prêt a en assumer les conséquences, c'est a dire rejet du corps et obligation d'aller crapahuter une bonne heure et demi pour compenser et chasser les triglycéries.

Parlons des agapes (the blues évidemment).

Le probléme  chez moi ,c' est que pour apprehender la table ,mon questionnement est différent du commun des mortels.Je commence par aller a la cave, choisir les bouteilles et me demande ce que l'on peut manger avec...Mais là même pas!J'avais envie de boire et manger aussi bien que manger et boire!!!!!

Avant de se lacher il faut aussi des partenaires à émotions, aptes au lacher prise et à l'encanaillement facile.

Une fois les belligérants trouvés tout devient simple.

Les joueurs du soir étaient cyril, anne ,caroline,giséle, patrick, véronique et "petit scarabé"(vigneron venu simplement pour un coucou rapide et gouter les deux vins de l'apéro).

Pour le repas on s'est pas cassé: raclette de chez fossati avec quatre types de fromages:

scamorze fumeé,fontal,fontina,vieille tomme piémontaise.

Pour la charcuterie une dizaine de sortes  en retirant bien évidemment les grands jambons type parme ,san daniele,et culatello qui ne méritent pas le supplice du fromage chaud tellement leurs gouts se suffisent a eux même..

Alors les vins:

Magnum de veuve clicquot 1995 superbe ,riche ,plein ,belle matiére ,un vin qui se mange en fait et apte a supporter la phrase des phrases des grands initiés:"ça c'est du vin"...

Pour se refaire un peu la bouche avant de passer à table il fallait un peu de fraicheur,j'ai donc choisi un clos cazals 1996 pur blanc de blanc (chardonnay)pour sa vivacité, et le fait que ce millèsime soit soutenue par la trés belle acidité liée à son année trés atypique.

A table nous avons fait, trés italien:

un chardonnay 2000 de pojer e sandri dans le trentin, et pour les rouges un montépulciano d'abruzzes 2000 de chez nicodémi, un cabernet sauvignon 2002 bien fait de chez maculan en vénétie, mais vinifié trop "à l'internationale",c'est a dire boisé excessif même si bien maitrisé(a l'aveugle dire que l'on était en italie relevait de la performance).

Le dessert , oui y a pas eu de fromage......le fameux tiramisu fossati, n'y voyez pas de la prétention, mais n'en ayant pas mangé depuis longtemps(ca nous rappelle le boulot nous!)je ne me souvenais pas que c'était si bon.

Pour accompagner le tira un muscat 2003 de vénetie a clos la soirée en beauté.

Bon maintenant je me sauve ,je vous laisse il me faudra plus d'une heure de marche forceé pour que mon corps oubli tout ça.

A cet aprés midi pour vous présenter une de mes méthodes pour compenser mon art de la table.