un blog pour vous évoquer le fait qu'un mal sournois s'est glissé dans mon corps??!!

Drôle d'idée n'est ce pas ?

Certains penseront de suite à une thérapie permettant de chasser les mauvaises pensées inhérentes à ce genre de maladie, d'autres, plus optimistes, y verront un exemple de transparence et de volonté de prouver que le cancer se soigne à partir du moment où l'on a le moral.Alors mettez-vous de suite dans cette deuxième configuration car le titre de mon blog sera :

"chronique d'une victoire annoncée"

 

Depuis septembre 2001, plus aucune date ne pourra avoir la prétention d'être celle qui fit basculer le monde, et changer la face de celui-ci à l'échelle planétaire; tout du moins chacun l'espère. Alors mon 20 septembre 2006, n'apparaîtra que comme une péripétie insignifiante, comparée au chaos de l'image de ces deux tours s'écroulant en même temps que le mythe du capitalisme tout puissant. Pourtant! Ces deux évènements ont un point commun : la chute d'une certitude, qui fait que rien ne sera plus jamais comme avant.


Peut être est-il temps que je vous évoque mon 11 septembre à moi ?

11H15 mercredi 20 septembre, polyclinique des Bleuets, bureau du docteur Grand : « il y a sur votre scanner la confirmation que vous avez deux côtes cassées et le sternum fêlé ».J'aurais aimé que sa phrase se termine là, mais déjà dans ses yeux, une suite s'écrivait, et elle ne mis pas de temps pour passer du stade de la pensée à l'expression d'une catastrophe annoncée : "le problème, c'est que l'on observe une calcification à la base de la thyroïde »............Sans attendre et sans aucun respect d'un quelconque «  savoir vivre », je lui coupais la parole par un très laconique : « c'est-à-dire ? », et lui de commencer à répondre de façon très protégeante et enveloppante,  que l'on  pourrait envisager de faire une recherche plus poussée…

Mon pragmatisme prenant le dessus, je me montrais de nouveau très incorrect, en lui recoupant la parole pour lui faire confirmer le terme jamais attendu : cancer ?

Mon impolitesse avait comme avantage de m'éviter un discours lénifiant, et surtout de conserver une énergie sans laquelle mes jambes n'auraient pas eu la force de me supporter, suite à l' annonce de ce nouveau challenge que me proposait la vie.L'avantage de la brutalité de l'info fait qu'on sait de suite (enfin c'est ce que je pense deux jours après ce mercredi 20) dans quelle catégorie on va boxer : celle des fatalistes "c'est foutu", ou celle des "j'm'accroche".Je dois vous avouer ce jour, que je me trouve plutôt serein,  même si j'imagine déjà un diagnostic plus inquiétant que le cancer de la thyroïde. Le verdict de la biopsie de jeudi 21 tombera mardi, pour infirmer ou confirmer l'origine de cette lésion. (il parait que la thyroïde, c'est pas grave…..).


Je ne me sens pas dépourvu de mon humour noir habituel, que je pratique régulierement avec des fortunes diverses à l'égard des autres.

La preuve? Ok!

Cette phrase de Desproges fera l'affaire :

Noël au scanner, Pâques au cimetière…Moi, je crains rien on est pas à Noêl !...

Bien évidemment quand j'évoque cela dans cette tonalité à mon entourage, il y a certains maladroits capables de me dire, que sur un aspect psycho, j'aurai d'abord  une forme de résistance, ensuite des cycles de bien , moins bien, et que ce ne sera pas si facile! Comme si je ne le savais pas !

C'est marrant de voir comment cette bonne volonté spontanée à remonter le moral a parfois des effets inverses, mais bon j'ai la chance d être entouré de l'amour des miens, alors ne soulignons pas ces petites maladresses.

Si dans les jours qui suivent ma prose vous semble confuse ou perturbée, mettez cela sur le compte de la morphine, avec laquelle on me shoote pour essayer d'oublier les terribles douleurs de ces 2 côtes cassées et sternum fêlé.

 

Il serait bien que je me présente sommairement  :

j ai 47 ans, marié , trois enfants de 11, 6, 3 ans.

Chef d' entreprise

Fou de sport, photo et de vins.

Signe particulier : drôle (parfois)


Nous sommes samedi 23, le week-end devrait être calme, et si moi je vais bien, je me dois de rassurer mes petits qui ne comprennent pas pourquoi papa ne va pas travailler, et pourquoi il ne peut pas bouger.

Et surtout être proche de mon épouse, qui en plus de la charge des enfants, s'est pris la pression professionnelle, bien secondée cependant par une équipe admirable de solidarité. J'ai beau savoir que nous ne sommes qu' au début de l'aventure, mais j'ai déjà  hâte de pouvoir remercier tous nos proches qui, spontanément, nous ont déjà montré une présence très rassurante.

Grâce à eux, je sais que je ne dois pas me plaindre et je me dois de leur prouver que leur amitié est très bien "placée".

A bientôt.